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Comment ça marche ?

GUIDE DU LÉMAN



  • 1. POUR LES CONSOMMATEURS
  • 2. POUR LES PROFESSIONNELS
  • 3. ANNEXES
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  • 1. Le Léman : c’est quoi et pourquoi ?
     

    Le Léman est le nom de la monnaie locale, écologique et solidaire du bassin lémanique transfrontalier, qui circule depuis le 18 septembre 2015.

      Le Léman : complémentaire au Franc suisse et à l’Euro ?

      Le Léman ne remplace ni le franc suisse, ni l’euro…

    Pour les consommateurs, la plupart des paiements demeurent en francs suisses ou en euros (charges, impôts, fournisseurs encore indisponibles dans la région, etc.).

      … il s’agit d’une monnaie complémentaire.

    En faisant circuler les lémans, nous créons un pouvoir d’achat destiné au bassin de vie lémanique.

    Ainsi, le circuit économique local est redynamisé, de part et d’autres de la frontière, ce que les francs suisses et les euros, qui circulent sur les marchés monétaires, ne permettent pas toujours.

  • 2. Un Léman, ça vaut quoi ?
     

    1 Léman =  1 CHF  =  1 Euro

     

  • 3. Comment se les procure-t-on ?
     

    Le Léman existe sous deux formes.

    • Sous la forme de billets :

    Les lémans sont actuellement obtenus contre des euros ou des francs suisses dans les bureaux de change du réseau. Les coupures sont de 1, 5, 10 et 20 lémans. Sous cette forme, le Léman est similaire aux chèques cadeaux, aux chèques Reka, aux tickets restaurant (en France principalement), aux supercards ou super-points des grandes surfaces, ou aux « miles » des compagnie aériennes.

    Les différents bureaux de change sont disponibles sur notre carte géolocalisée.

    Les francs suisses et les euros récoltés sont déposés sur le compte de Monnaie Léman à la Banque Alternative Suisse (BAS), qui les utilise ensuite pour financer des projets en lien avec les énergies renouvelables, l'agriculture biologique et l'économie sociale et solidaire.

     

    • Sous forme d’unités de crédit / débit :

    Les lémans se comptabilisent sur le site internet, en échangeant des biens ou des services avec d’autres membres du réseau : c’est ce qu’on appelle le crédit mutuel. Sous cette forme, le Léman est comparable aux systèmes d’échange inter-entreprise (le WIR, Sardex), aux systèmes d’échanges locaux (SEL), aux banques de temps, etc.   Je perds de l’argent avec le Léman ? Non !

    Pour 100 euros convertis (ou l’équivalent de change en francs suisses) vous recevez 100 lémans.

    Vous ne perdez pas de pouvoir d’achat, mais vous orientez vos dépenses dans l’économie locale et responsable.

    Afin de se prémunir des faussaires, il n’y aura pas de billet de 50 ou de 100 lémans.

    De plus, des dispositifs de sécurité sont intégrés aux billets, comme cela existe déjà dans d’autres monnaies complémentaires (dorures à chaud, encre fluorescente, papier filigrané, etc.).   Comment fait-on pour les centimes ?

    Il n’y a pas de pièces de centimes de Léman.

    Aujourd’hui, il faut faire l’appoint en euros ou en francs suisses : si l’article vaut 5,50 € le consommateur donne 5 Lémans et 50 centimes d’euro ou de francs. Le commerçant ne peut pas rendre la monnaie en euro sur un billet de Léman.

  • 4. Qui peut les utiliser ?
     

    Le Léman concerne tout le monde.

    Il peut être utilisé par :

     

    • tous les particuliers, c’est-à-dire les consommateurs ;
    • toutes les entreprises à but lucratif : commerçants, prestataires de services, paysans, artisans, indépendants, etc. ;
    • toutes les associations, les fondations, les entreprises à but non lucratifs, etc. ;
    • toutes collectivités publiques ou parapubliques de la région qui acceptent le Léman et qui pourraient en redistribuer sous forme de primes ou de subventions.

     

  • 5. Où dépenser des Lémans ?
     

    Il est possible de faire des achats en léman chez les plus de 270 professionnels (restauration, producteurs, bureaux d’études, artisans, assurances, etc.) qui ont déjà intégré la Communauté de paiement, en s’engageant sur la Charte.

    Vous trouvez ainsi sur notre carte l’ensemble des prestataires acceptant les Lémans, triés par catégorie de prestation ou par quartier/commune (géolocalisation).

  • 6. Association Monnaie Léman : qui décide quoi comment?
     

    Le Léman : j’adhère comment ?
    Pour utiliser le Léman, il faut être membre de l’Association Monnaie Léman (Communauté de paiement) et adhérer à la Charte du Léman. Il est possible d’adhérer via le site internet de l’Association Monnaie Léman ou bien en remplissant un formulaire sur papier devant comporter obligatoirement les mentions suivantes : nom, prénom, adresse, code postal, ville, e-mail, téléphone.

    La Communauté de paiement

    C’est la Communauté de paiement qui choisit ses propres règles de gouvernance, en Assemblée générale.

    Une monnaie papier ou une monnaie numérique ?

    Les deux !

    Une monnaie papier a été émise à l'occasion du festival Alternatiba Léman en septembre 2015. Cette monnaie est obtenue contre des francs suisses ou des euros auprès des bureaux de change du Léman.

    Le Léman électronique est en construction. Il sera possible d’effectuer ses paiements en ligne et à travers une application pour smart-phone.

    La monnaie locale : une invention récente ?

    • Un peu d’histoire

    Non, le principe de la monnaie locale est très ancien. De nombreuses monnaies locales sont réapparues dans les années 1980 et il existe un boom des monnaies locales, notamment depuis 2008, avec l’accentuation des crises financières, économiques et environnementales. Aujourd’hui près de 5’000 monnaies locales complémentaires existent dans le monde, dont une soixantaine en France, et quelques unes en Suisse.

    • Le Nantissement

    La plupart des monnaies locales sont fondées sur le nantissement, c’est-à-dire sur le fait d’acheter des Lémans avec des euros ou des francs suisses : à titre d’exemple, l’eusko au Pays basque (qui est la monnaie qui a actuellement le plus de succès en France avec 300’000 unités en circulation), le Chiemgauer (avec 550’000 unités en circulation en 2012) en Allemagne, ou Bristol Pound en Angleterre.

    • Le Crédit mutuel

    Mais il existe un autre système : le crédit mutuel. La Suisse a été pionnière en la matière, avec le système WIR qui fonctionne depuis 1934 et permet aujourd’hui à plus de 60’000 PME helvétiques d’échanger des biens et services, soit environ 16 % des entreprises suisses. Plus récemment, les projets de Sardex en Italie et SoNantes en France, basés sur le crédit mutuel, ont vu le jour.

    Le crédit mutuel permet à ses membres d’échanger entre eux des biens et des services sans les payer sur-le-champ. Au moment de la transaction, le vendeur est crédité du montant de l’échange sur son compte et l’acheteur est débité de ce même montant.

    Chaque acteur est susceptible d’être acheteur ou vendeur, alternativement, au sein de la communauté de paiement, ce qui fait que de nombreuses transactions s’équilibrent (cf. Annexe « Illustration du mécanisme de Crédit mutuel »).

  • 1. Le Léman, qu’est-ce que c’est ?
     

    Le Léman est le nom de la monnaie locale, écologique et solidaire du bassin lémanique transfrontalier, qui circule depuis le 18 septembre 2015.

    • Un premier objectif du Léman est la relocalisation des achats. Cela induit la dynamisation de la production locale dans des circuits courts, des projets associatifs, le renforcement de l’identité du bassin de vie lémanique transfrontalier.
    • Un second objectif du Léman est de stimuler des pratiques responsables en matières sociales et environnementales.

    Légalement, le Léman est un titre de paiement qui a la même valeur juridique qu’un bon Reka, qu’un ticket restaurant ou qu’un chèque cadeau.

    Les lémans existent actuellement sous la forme de billets sécurisés de 1, 5, 10 et 20 lémans. Une version électronique est actuellement en projet.

    Les particuliers souhaitant s’en procurer se rendent dans un bureau de change du réseau, adhérent à Monnaie Léman et changent des francs suisses ou des euros contre des lémans (1 LEM = 1 CHF = 1 EUR).

    Les francs suisses et les euros récoltés sont déposés sur le compte de Monnaie Léman à la Banque Alternative Suisse (BAS), qui les utilise ensuite pour financer des projets en lien avec les énergies renouvelables, l'agriculture biologique et l'économie sociale et solidaire.

  • 2. Le Léman, à quoi ça sert ?
     
    Le Léman, ça sert à :

    • Lutter contre la concurrence de la grande distribution ;
    • Renforcer la solidarité entre habitants, entreprises, commerçants, paysans, artisans et associations du bassin lémanique transfrontalier ;
    • Fidéliser sa clientèle, et peut-être attirer de nouveaux clients ;
    • Participer à un développement plus harmonieux du bassin lémanique transfrontalier ;
    • Promouvoir une communauté de vie dans la région ;
    • Réduire les émissions de gaz à effet de serre, en favorisant les circuits courts entre de la production à la consommation

  • 3. Comment se passent les paiements en Léman ?
     
    Selon l’expérience acquise en France et en Suisse, nous avons adopté le système suivant :1 Léman = 1 euro = 1 CHF jusqu’à fin septembre 2015. Puis, 1 Léman = 1 euro (et son équivalent en CHF).

    En tant que commerçant ou prestataire, du moment que je signe la charte, j’accepte les paiements aussi bien en léman qu’en euros ou en francs suisses.

    Mes clients peuvent me payer tout ou partie de leurs achats en Léman.

    Les coupons-billets de 1, 5, 10 et 20 Lémans sont sécurisés contre la falsification, et les petites coupures limitent le risque de faux-monnayage.

    Le fonds de réserve en francs suisses et en euros, créé par le nantissement (les euros ou francs suisse échangés contre des Lémans) pourra être cogéré avec la Banque Alternative Suisse (BAS) et/ou la NEF, ou par une structure ad hoc.

  • 4. Comment est-ce que je rends la monnaie ?
     

    1 Léman = 1 euro = 1 CHF (jusqu’à fin septembre 2015, puis au cours du jour).

    Quand on me paie en Léman, je rends la monnaie en Léman. Et pour les centimes je demande l’appoint : si l’article vaut 5,50 €, mon client me donne 5 Léman et 50 centimes d’euro (ou l’équivalent en CHF)..

  • 5. Me faut-il une double caisse ?
     

    Non, je fais ma caisse sans difficulté.

    Le Léman est un simple moyen de paiement comme un chèque Reka, un ticket restaurant, un chèque cadeau… Je programme sur ma caisse enregistreuse un nouveau mode de paiement « Léman ». J’utilise dans ma comptabilité un sous-compte, et je tiens un solde journalier en Léman que je vérifie avec mes Lémans en billet.

    Mes ventes seront toujours, enregistrées en euros ou en francs suisses et reportées dans ma comptabilité en euros ou en francs suisses pour l’établissement de mes déclarations sociales et fiscales.

    Dans la première étape, je ne déclarerai que des euros ou des francs suisses. A terme, si des collectivités publiques acceptent que les taxes ou impôts soient versés en Léman, je pourrai déclarer mes ventes également en Léman.

  • 6. Qu’est-ce que je fais de mes Lémans ?
     

    Plus le Léman circule, plus il contribue à la croissance de la richesse locale, de part et d’autre de la frontière du bassin lémanique. Je peux donc réutiliser les Lémans que m’ont donnés mes clients :

    • en payant mes fournisseurs ; si ils n’acceptent pas encore le Léman, je peux leur proposer de rentrer dans le réseau.
    • en payant une partie des salaires de l’entreprise en Lémans.
    • en faisant mes rabais en Lémans : quand je veux faire un rabais de 20% sur un article à 100 euros, au lieu d’encaisser seulement 80 euros, j’encaisse 100 euros et je donne au client 20 Lémans, à condition qu’il soit membre de la communauté de paiement, porteur éventuellement d’une carte de membre de Monnaie Léman. Il a payé le même prix, mais il a 20 Lémans en poche qu’il va utiliser exclusivement chez moi ou un confrère du réseau.
  • 7. Est-ce qu’on pourra payer ses fournisseurs à distance ?
     

    Au travers du support numérique basé sur le logiciel en ligne, il est très facile de régler ses factures instantanément et à distance, tout en restant dans la région transfrontalière lémanique.

    C’est la base même de notre système de crédit mutuel.

  • 8. Et si j’ai besoin de Lémans en plus ?
     

    Pour payer mes salariés, mes fournisseurs du réseau, il me manque des Lémans ?

    Je peux bien sûr le faire en ligne, mais je peux également aller au bureau de change de mon quartier ou de mon village, où je change sans frais des francs suisses ou des euros en Lémans. Je repars avec le même montant, un euro pour un Léman (ou l’équivalent en CHF).

  • 9. Mais qui va utiliser le Léman ?
     

    Tous les habitants de la région genevoise et plus largement du bassin de vie lémanique transfrontalier ont trois bonnes raisons d’adhérer au Léman et d’utiliser cette monnaie :

    1. Relocaliser leur achats et promouvoir le bien vivre ensemble dans la région : grâce au système de défis ou d’amélioration continue mis en place par Monnaie Léman, les commerçants et entreprises entrant dans le réseau Monnaie Léman s’engagent à relocaliser leurs achats dans la région. Cela veut dire plus d’emplois locaux, moins de transports polluants, et le renforcement d’une communauté de vie et de destin. Toutes les personnes, toutes les familles de la région sont concernées par l’un ou l’autre de ces avantages. Le réseau compte déjà potentiellement des centaines d’adhérents.

    2. Soutenir des projets d’économie sociale et solidaire : les euros confiés à Monnaie Léman constituent un fonds de réserve permettant de rechanger si nécessaire 100% des Lémans issus du nantissement en euros ou l’équivalent en francs suisses. Mais ce fonds de réserve ne dort pas : il est placé sur un livret d’une banque partenaire, comme la Nef et/ou de la BAS, des banques solidaires, qui s’en servent pour financer des projets écologiques et/ou solidaires.

    3. Investir dans la région : les euros ou les francs suisses placés dans les fonds de réserve du Léman, dans la/les banque/s partenaire seront investis dans des projets validés par la communauté de paiement du Léman, dans l’objectif de renforcer l’économie locale tout en la faisant évoluer vers des critères élevés en matières sociale et environnementale.

  • 10. Et en termes de communication, qu’est ce que cela m’apporte ?
     

    Le premier intérêt pour les prestataires est de défendre des sujets ou des valeurs qui les concernent, et de le faire savoir : l’économie locale, de part et d’autre de la frontière, la solidarité entre entreprises, renforcée par le système du crédit mutuel, et les pratiques plus sociales et écologiques.

    Vous pourrez aussi profiter d’une communication valorisante :

    Un ensemble de dispositifs sur support papier : annuaires, autocollants en entrée de boutique mentionnant l’appartenance au réseau, certificats, affichages en entreprise, etc.

    Sur Internet avec un site dédié avec fiche pour chaque prestataire, moteur de recherche permettant la géolocalisation et la recherche par catégories de biens et services, un annuaire commun en ligne des produits et services.

    A travers les médias qui parleront du Léman : la Tribune de Genève, le Dauphiné libéré, le Courrier, Léman bleu, FR3 Rhône-Alpes, etc.), ce qui mettra en valeur les entreprises partenaires.

  • 11. Comment le Léman peut-il relocaliser et dynamiser les entreprises locales ?
     

    Toute entreprise membre du réseau s’engage à intégrer par exemple au moins trois produits locaux dans son activité.

    Les entreprises qui reçoivent des Lémans ont intérêt à les réutiliser au lieu de les rechanger contre des euros ou des francs suisses, pour économiser les 5% de commission de change. Donc, chaque entreprise du réseau a intérêt à faire travailler les autres entreprises du réseau en se fournissant auprès d’elles, pour les payer en Léman. De plus, un des intérêts d’une monnaie locale est qu’elle circule plus que la monnaie nationale et ne sorte pas du territoire.

    Par le crédit mutuel, on créée de fait une solidarité entre entreprises (cf. Annexe « Les plateformes d’échange inter-entreprises»). Mais pas seulement : les particuliers et les associations qui entrent dans le système pour défendre l’économie locale ou l’environnement ne peuvent dépenser leurs Lémans que chez vous. Le Léman crée donc une solidarité entre habitants, associations et entreprises de la région. Par exemple, si une association reçoit des Lémans de ses membres qui paient leur adhésion, elle devra trouver le moyen de les dépenser. On peut donc être sûr qu’avec ces Lémans elle n’ira pas acheter en grande surface ou sur Internet, mais chez un commerçant du réseau.

    Les entreprises peuvent inviter leurs fournisseurs locaux à entrer dans le réseau, et proposer des fournisseurs locaux membres du réseau si elles font appel à des fournisseurs situés hors de la région. Le Léman aidera à tisser des relations entre entreprises de la région, de part et d’autre de la frontière.

    Par ailleurs, un fonds d’investissement Léman constitué par le nantissement pourra être créé. Ce seront uniquement des projets structurants de l’économie locale socialement et écologiquement responsables (Cf. Charte), des outils partagés ou collaboratifs, comme des ateliers de transformation, des hackerspaces, fab-labs, des réseaux de distribution de produits fermiers, etc. Cela permettra également de favoriser l’emploi local et d’inclure des personnes actuellement exclues du marché du travail.

  • 12. Qui peut devenir membre de Monnaie Léman et détenteur de Lémans ?
     

    L’adhésion est accessible à tout le monde !

    Tout particulier peut adhérer à l’association Monnaie Léman en tant qu’utilisateur. La cotisation sera votée par l’Assemblée générale à l’automne, mais sera symbolique pour les particuliers, et fonction du chiffre d’affaire pour les entreprises.

    Toute personne morale également, qui s’engage à respecter la Charte propre à la communauté de paiement.

    Tout professionnel peut donc adhérer à la communauté de paiement, quel que soit son statut, à condition d’exercer son activité dans la région et d’accepter la Charte.

  • 13. Comment le Léman favorise-t-il les pratiques sociales et écologiques ?
     

    Le Léman représente un outil de relocalisation de l’économie, étant donné qu’il n’est utilisable qu’entre prestataires ayant leur activité dans la région. Il va par exemple inciter un restaurateur membre du réseau à se fournir un peu plus en bières artisanales locales et un peu moins en bières industrielles venant de très loin, par exemple.

    Cela favorise par conséquent le développement de l’emploi local.

    Le Léman favorise ainsi la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports.

    Pour renforcer cet effet relocalisateur, des mesures incitatives peuvent être imaginées. Par exemple : les entreprises et associations membres du réseau s’engageraient à utiliser au minimum trois produits locaux si leur activité le leur permet. Si ce n’est pas possible, elles auraient la possibilité de mettre en place d’autres défis.

  • 14. Quels sont les moyens de paiement disponibles ?
     

    Les particuliers et les prestataires pourront utiliser un support papier avec les billets sécurisés de 1, 5, 10 ou 20 Lémans, ainsi qu’un support numérique à travers le site internet du Léman et l’application pour smartphone qui en découle. Concernant le support papier, le prestataire peut rendre la monnaie en euro.

    Il n’y pas de double caisse, pas de double comptabilité, et toutes les déclarations sociales et fiscales se font en euros ou en francs suisses, le Léman n’étant qu’un moyen de paiement, comme un ticket restaurant ou un chèque cadeau. Vous devez juste prévoir une place dans votre tiroir caisse pour les Léman, et éventuellement si vous avez une caisse électronique, demander à celui qui la programme d’ajouter une case “paiement en Léman”.

    La question se reposerait le jour où les collectivités publiques accepteraient les Lémans pour le paiement des taxes ou des impôts.

  • 15. Comment les prestataires sont-ils incités à relever les « défis de l’amélioration continue » ?
     

    En effet, il est attendu des prestataires qu’ils s’engagent à relever certains défis, visant à les faire progresser chacun à son rythme !

    La mise en place du premier défi sera vérifiée au bout d’un an lors d’une rencontre avec le prestataire pour renouveler son adhésion, cela vous laisse donc du temps. La mise en place du second défi sera contrôlée l’année suivante.

    Suite aux deux premières années d’existence du Léman, les prestataires pourront se choisir des défis d’amélioration continue de leurs pratiques, en fonction de ceux qui vous semblent les plus adaptés à votre activité. Grâce à ce système, les entreprises locales s’engagent pour leur territoire et l’environnement, et donc les citoyens vont continuer à utiliser le Léman en voyant les résultats que cela produit. Au plus grand bénéfice des entreprises locales !

    C’est un système gagnant pour tout le monde.

    L’idée est également de favoriser les échanges interentreprises dans la Communauté de paiement (crédit mutuel), notamment en partant de la Chambre de l’ESS (APRES-Genève) et de ses entreprises partenaires en France.

  • 16. À quoi sert le fonds de réserve ?
     

    Les Lémans en circulation qui ont été émis par nantissement ont été échangés contre des euros ou des francs suisses, qui sont versés sur un compte en banque d’un établissement bancaire solidaire.

    Ces euros ou ces francs suisses constituent un fonds de réserve, qui est placé auprès d’une ou plusieurs institutions financières solidaires.

    Il est une sécurité, car il permet de garantir qu’à tout moment, les Lémans en circulation émis par le partenaire bancaire sont reconvertibles en euros ou francs suisses.

    De plus, cet argent peut être utilisé, dans les limites de fuite à prévoir, par l’organisme bancaire partenaire pour faire des prêts à des acteurs respectant les valeurs du Léman.

  • 17. Qui peut être bureau de change ?
     

    On doit pouvoir se procurer facilement des Lémans.

    Pour Alternatiba Léman 2015, de nombreux « agents de change / agents du changement » ambulants seront présents pour faciliter les opérations de change.

    Puis nous aurons besoin de bureaux de change. Un bureau de change n’est ni plus ni moins qu’un prestataire qui constitue un accès facile pour les habitants.

    Ce prestataire aura alors un registre de change et deux caisses, la sienne et celle de Monnaie Léman. Cela lui permettra de réaliser les échanges d’euros en Léman (nantissement), mais aussi des Lémans nantis en euros. Vous pouvez bien évidemment demander à être un bureau de change, cependant rien ne vous y oblige.

    Quand vous voudrez rechanger des Lémans en euros, vous remettrez vos Lémans au bureau de change le plus proche et vous recevrez un virement de 95% de votre dépôt1. Vous recevrez du bureau de change une facture de Monnaie Léman pour les 5% de frais de solidarité, qui constituera un « don » au Fonds d’investissement de la Communauté de paiement.

    Par ailleurs, afin de renforcer le crédit mutuel, chaque acteur aura une grande autonomie et développera son propre réseau en invitant ses partenaires commerciaux à s’enregistrer dans la Communauté de paiement et engager des échanges.

  • 18. On s’engage pour combien de temps ?
     

    L’adhésion est libre, tout comme la sortie. Elle dure un an, et vous pouvez quitter le réseau quand vous le souhaitez, à condition que votre solde soit équilibré.

  • 19. Comment ça se passe au niveau de la TVA sur vos frais ?
     

    Les frais de commission de 5% comme les frais d’adhésion ne sont pas soumis à la TVA car Monnaie Léman est une association non soumise à la TVA.

  • 1. Illustration du mécanisme de Crédit mutuel
     

    Imaginons que trois acteurs constituent une communauté de paiement :

    t0

    • un atelier de réparation de vélos (A),
    • une imprimerie (B),
    • un organisme de revalorisation de matériel informatique d’occasion (C).

     

    L’atelier-vélos (A) se fournit chez l’imprimerie (B) pour 100 CHF/€. Il doit en effet imprimer de nombreux flyers pour tenter de récolter le maximum de signatures afin de lutter contre la menace de démolition exercée par la Ville.

     

    t1L’atelier utilise donc son autorisation de découvert, dans les limites de son quota. La comptabilité en monnaie complémentaire (Léman), enregistre la dette de A et la créance de B. Le compte courant de A aura donc un passif de -100 Lémans et le compte courant de B un actif correspondant à +100 Lémans. Toutefois, et c’est là la particularité du système, B ne doit pas attendre que A le paie, car sa créance est multilatérale.

     

    t2L’imprimeur (B) a alors à disposition une créance de +100 Lémans dans le réseau, et cela tombe bien car il souhaite justement changer l’écran de sa réception qui s’est brisé à terre. Il se rend donc chez l’organisme de revalorisation de matériel informatique d’occasion (C) et choisit de lui acheter un écran d’une valeur de 160 CHF/€. Il fait donc un virement de 160 Lémans à travers la Chambre de compensation, en transférant son actif de +100 Lémans sur le compte de C, et en complétant avec un endettement de -60 Lémans.

     

    t3Mais il se trouve aussi que l’organisme de revalorisation informatique (C) pense depuis quelques temps à mettre des vélos à disposition de ses employés, afin d’encourager la mobilité douce. Il utilise donc son actif pour faire un virement à l’intention de l’atelier-vélos (A) et lui achète deux bicyclettes pour 160 Lémans.

    Finalement, l’atelier-vélos (A) va finalement avoir à nouveau besoin de se fournir chez l’imprimeur (B), étant donné que la campagne a été couronnée de succès et qu’il souhaite organiser une fête pour célébrer cette victoire. Le coût de cette seconde impression s’élève à 60 Lémans.

    Les trois comptes sont finalement équilibrés, et des biens et services ont été échangés pour une valeur de 480 CHF/€, sans qu’aucun des acteurs n’ait eu besoin de faire appel à de la monnaie officielle ou un crédit bancaire.

    t4

    Il est toutefois nécessaire de préciser que l’important n’est pas de revenir à l’équilibre – l’exemple étant volontairement schématique – mais de ne jamais trop s’en éloigner. A cet égard, n’oublions pas qu’un solde débiteur représente la valeur qu’une personne s’est engagée à offrir en retour à la communauté dans un proche avenir.

  • 2. Les plateformes d’échange inter-entreprises
     

    Les réseaux d’échange inter-entreprises, aussi appelés des Barters en référence au troc, constituent sans aucun doute les systèmes de compensation de crédit les plus influents et les plus développés qui soient, et reposent sur une recherche de rationalité économique. Se fondant sur des accords entre des entreprises, autorisés par le code civil, ils ont été mis en place dès le début des années 1930 en réponse à la forte instabilité des monnaies conventionnelles, avec comme premiers exemples le WIR, conçu par des industriels suisses, et le JAK qui fut implémenté par des agriculteurs, des commerçants et des patrons de Petites et Moyennes Entreprises (PME) au Danemark. Plus récemment, le système RES a été mis en place en Belgique, et Sardex en Italie, avec l’équivalent de 30 millions d’euros de transactions enregistrées pour l’année 2014.

    Globalement, un peu plus de 100 réseaux sont actuellement membres de L’Association Internationale du Barter, et Thomas Greco estimait en 2009 que plus de 400’000 entreprises échangeaient annuellement des biens et services à travers le monde pour plus 12 milliards de dollars, cela à l’aide d’un système de crédit mutuel.

     

    Ces monnaies B2B – Business to Business – sont créées pour permettre à des entreprises de s’échanger des biens et des services sans avoir recours à la monnaie officielle. Ainsi, les entreprises proposent les objets de leurs activités, et bénéficient en retour de ceux proposés par les autres membres. Afin de comptabiliser les échanges, une unité de compte interne non-convertible en monnaie d’Etat est utilisée. En outre, la grande majorité des unités de compte est à parité avec la monnaie officielle, pour des raisons de simplicité et de légalité, notamment pour comparer les prix entre monnaie complémentaire et nationale ou pour payer les taxes sur les transactions effectuées.

     

    Mais pourquoi donc des entreprises décident-elles de rejoindre un tel système, alors qu’elles pourraient tout aussi bien effectuer ces transactions avec de la monnaie conventionnelle? L’entrée dans un réseau de barter étant nécessairement volontaire, les acteurs doivent bien y trouver un avantage rationnel, faute de quoi les monnaies B2B auraient nécessairement dépéri.

    En voici les principales raisons:

    • La réalisation de transactions au sein d’un système d’échange inter-entreprises permet tout d’abord aux acteurs économiques de préserver leur trésorerie pour les dépenses devant nécessairement être réglées en monnaie nationale, notamment les impôts ou les charges sociales.

     

    • Cet échange de biens et services ne nécessitant aucun numéraire mais seulement l’unité de compte interne, les entreprises font un gain équivalent au montant de la marge qu’elles dégagent sur leurs produits ou prestations. En effet, chaque bien ou service a un coût de production ou de création – appelé prix de revient – qui comprend notamment des coûts fixes, ainsi que les matières premières, les salaires, les charges, le remboursements de potentiels prêts et intérêts, le transport ; au final toutes les dépenses nécessaires pour que le bien ou le service puisse être prêt à la vente. Le prix de vente étant supérieur au prix de revient, la marge dégagée correspond au profit enregistré par l’entreprise lors de chaque vente. Samuel Cohen nous propose un exemple illustratif : « Une agence de web design souhaite acheter 10’000 euros de matériel informatique. Plutôt que de faire l’achat en numéraire, elle passe par une plate-forme barter et échange deux sites internet d’une valeur totale de 10’000 euros contre le matériel informatique. Les coûts de production inhérents à la réalisation de ces deux sites internet sont de 5’000 euros (si nous supposons une marge de 50%). Ainsi, le matériel informatique à 10’000 euros lui aura réellement coûté 5’000 euros de trésorerie par l’échange au lieu de 10’000 euros si elle avait payé en numéraire ».

     

    • Ensuite, les membres d’un tel réseau peuvent y écouler des actifs inutilisés, tels que du stock, du temps de travail, ou de la capacité de production, en les proposant aux autres membres. L’étude française conclut que l’optimisation des actifs sous-utilisés est de l’ordre de 3 à 10 %, et que le chiffre d’affaire de l’entreprise peut s’accroître de 3 à 5 %. Pour le réseau Sardex, lancé en Sardaigne en 2010, l’agence centrale conseille aux membres de mettre à disposition des membres une quantité de biens ou services équivalente à la quantité annuelle d’invendus. En ce qui concerne un hôtel par exemple, son patron estime que le nombre de chambres non-louées correspond à 50’000 euros, soit 50’000 sardex. Ce montant correspond par conséquent aussi au crédit maximum que l’acteur en question peut contracter auprès du réseau, au travers du basculement de son solde dans les négatifs.

     

    • En outre, un réseau B2B offre un crédit gratuit à ses membres, ou plutôt les membres d’un tel réseau s’offrent mutuellement un crédit délivré du joug des intérêts. Même si l’agence centrale finance généralement son fonctionnement grâce à une cotisation ou une taxe de transaction, aucun intérêt n’est rattaché à ces prêts, ils sont contractés en unité de compte interne auprès de l’ensemble des membres, soit le réseau.

     

    • Finalement, en devenant membre, une entreprise bénéficie de l’effet réseau, c’est-à-dire qu’elle va nouer des liens avec d’autres entreprises membres, avec qui elle n’aurait sans doute pas eu de contact autrement. Par inclusion, chaque membre accède à un nouveau marché d’écoulement pour l’objet de son activité.

     

    Les acteurs publics commencent à s’intéresser de plus près à ces réseaux B2B, réalisant sans doute le potentiel économique qui s’en dégage, mais aussi dans une volonté d’encadrement légal de la pratique. Le gouvernement italien a notamment déposé un projet de loi prévoyant la mise en place d’un organisme de gouvernance des réseaux B2B ainsi que d’une activité de contrôle émanant de la Banque d’Italie.

  • 3. Analyse de flux au sein de l’ESS genevoise: quel potentiel pour la future monnaie?
     

    Une collaboration entre la SASFERA, Après-Ge et l’Université de Genève a permis la réalisation d’une analyse de flux en automne 2014, portant sur les activités économiques d’une portion des acteurs membres de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) genevoise. Le but de cette étude était d’évaluer le potentiel de la mise en place d’une monnaie locale en matière de dynamisation de relations économiques entre les acteurs défendant les valeurs de l’ESS. A cet effet, les comptabilités d’une quinzaine de membre ont été mises en relation au travers d’une analyse input-output ainsi que de la sociologie de réseau.

    L’analyse de flux a notamment débouché sur les conclusions suivantes:

    1. Environ 1/3 de leurs relations économiques des acteurs analysés se fait avec des partenaires partageant les valeurs de l’ESS (sans en faire nécessairement parti). Ainsi, ces valeurs déterminent une part non négligeable de l’activité économique. Les membres de l’ESS font partie des potentiels futurs utilisateurs du Léman, et la volonté de cette dernière est justement d’être le catalyseur de ce type de relations.

    2. La portion de l’ESS analysée se révèle peu cohésive, c’est-à-dire que les acteurs présentent une faible interaction économique, autant au niveau de la quantité d’échanges que du montant de ces derniers. Les acteurs de l’ESS semblent donc partager un partenariat reposant plus sur des valeurs communes que des relations économiques, et le Léman peut justement contribuer au développement des relations commerciales au sein de l’ESS.

    3. Environ 1/3 des transactions réalisées avec des acteurs défendant des valeurs différentes pourraient être réalisées avec des acteurs aux valeurs de l’ESS, dans le sens où les biens et services échangés sont aussi proposés par ces derniers. Cette donnée est révélatrice du fort potentiel du Léman au niveau de la création de nouveaux flux à l’intérieur de la future Communauté de paiement, et cela à travers deux mécanismes :

    • en intégrant au réseau de nouveaux partenaires qui partagent les mêmes valeurs.
    • en déplaçant des transactions jusqu’alors réalisées avec des acteurs aux valeurs différentes afin d’impliquer des acteurs « similaires ».

    Le Léman présente donc un fort potentiel de création de nouveaux flux entre les membres de l’économie sociale et solidaire à l’intérieur de la Communauté de paiement, en intégrant au réseau de nouveaux partenaires qui partagent les mêmes valeurs, ou en relocalisation des transactions au sein de l’économie sociale et solidaire.