Le Covid-19 et le confinement nous ont appris une belle chose: nous ne voulons plus recommencer comme avant!
Une rencontre entre ZEP et l’équipe du Léman!


Un appel au Canton de Genève et aux communes pour qu’ils acceptent le paiement d’une partie des taxes et des impôts en lémans.
 Et pourquoi pas un revenu universel de relance, le temps de favoriser les circuits courts et la souveraineté alimentaire dans une économie locale et durable.

COLLECTIF «ne recommençons pas comme avant»

Appel

Nous traversons une crise sanitaire et économique sans précédent. Le Covid-19 et le confinement nous rappellent que nous sommes vulnérables et mortels, tout comme nos entreprises et notre système économique. Nous sommes fortement dépendants du commerce international pour des produits de première nécessité sanitaire ou alimentaire. C’est notre talon d’Achille. 

Les réponses économiques et financières proposées aujourd’hui nous inquiètent beaucoup, car elles nous entraînent dans un cercle vicieux, dont il pourrait être difficile de ressortir. Les entreprises qui recourront aux prêts risquent de rester à long terme débitrices et dépendantes des banques. L’endettement pourrait aussi fragiliser l’Etat, qui devrait consacrer une part toujours plus grande de son budget au service de la dette, et ne pourrait plus investir pour sortir de la crise climatique, ni pour faire face aux besoins en matière de santé ou de pauvreté. Les prochaines épidémies, déjà annoncées par l’OMS, trouveront nos entreprises, celles qui auront survécu, exsangues, dans un Etat qui ne pourra pas garder plus longtemps sous perfusion l’ensemble de l’économie locale.

Il y a pourtant un outil financier simple et concret pour nous sortir de manière solidaire de ce cauchemar programmé:  le crédit mutualisé . Il a été construit pour relancer l’économie libérale après les crises; il a permis à la Suisse de sortir plus forte de celle de 1929, grâce au WIR (qui depuis est devenu une banque comme les autres). Le crédit mutualisé existe aujourd’hui, sous la forme de la monnaie du Léman.

Le léman est une monnaie complémentaire au franc suisse. Il est une solution simple et sûre, solide et solidaire, pour les entreprises, les commerces, les indépendants, les consommateurs et les collectivités publiques. Parce qu’il fonctionne en crédit mutualisé, il permet à chaque entreprise membre d’avoir en permanence des lignes de crédit ouvertes automatiquement en cas de crise de liquidité. De plus, en cas de surplus de stock, c’est le même réseau qui peut être activé pour le déstockage.

Le léman ne vise pas à remplacer le franc. Il n’est utile que pour consolider le marché local intérieur et ne s’évade pas sur les marchés financiers. Il ne sera jamais possible de changer ses lémans en francs suisses. Et il n’est pas possible de les thésauriser. C’est là que réside la force simple du système:.la monnaie tourne, la richesse locale se crée, le tissu se renforce. Nous fabriquons ensemble - entreprises, commerces, consommateurs - ce filet économique, ce qui nous évite d’avoir trop à recourir au filet social.

Concrètement:
Après avoir ouvert un compte, l’entrepreneur ou le client règle ses factures (1 léman = 1 franc) depuis l’application Biletujo, sur son ordinateur ou sur son smartphone. Les paiements sont sécurisés sur une blockchain très peu gourmande en énergie. Si le solde du compte d’une entreprise est inférieur à zéro, une ligne de crédit s’ouvre automatiquement. Il n’y a pas d’intérêt à percevoir, puisqu’aucun argent n’a été prêté en réalité. Il n’y a personne à qui le rendre directement, et aucune pression pour remonter en positif, si ce n’est que vous devez accepter pour votre travail les paiements en lémans, qui vous feront repasser automatiquement en positif.

Les entrepreneurs qui doivent écouler les lémans qu’ils ont reçus trouvent des fournisseurs dans le réseau et renforcent ainsi les filières, et accessoirement les liens économiques et sociaux entre entreprises et filières, et entre elles et les consommateurs. Ils consolident ainsi l’économie locale, face à la concurrence des marchés globalisés et aux grands distributeurs. Les entreprises payent en lémans une partie des salaires aux employés qui l’acceptent; lémans, qui seront dépensés dans l’économie locale. Et la boucle est presque bouclée… Ne manque que les collectivités publiques.

C’est pourquoi nous demandons au Canton et aux communes d’accepter le paiement d’une partie des taxes et des impôts en lémans, et de proposer aux SIG, TPG, à l’Hospice général, aux HUG, à l’Université et aux HES d’en faire de même. Les collectivités publiques pourront utiliser à leur tour les lémans pour payer leurs achats locaux et délivrer une partie des subventions et prestations.

Sans débourser un centime de franc suisse, sans s’endetter, les entreprises pourraient ainsi ensemble, repartir sur de nouvelles bases endogènes et vertueuses, car la communauté de paiement du Léman repose sur des principes de responsabilité sociale et environnementale.

S’il voulait s’impliquer davantage, l’État pourrait même, par le crédit mutualisé proposer de verser une somme mensuelle en lémans à tous les contribuables: un revenu universel de relance, le temps de favoriser les circuits courts dans une économie locale et durable.

Avec la crise, les entreprises et les consommateurs se retrouvent en manque de liquidités. Sans liquidités, effectivement, impossible de payer ses fournisseurs et de produire pour ses clients, qui ont eux-mêmes de la difficulté à trouver les fonds nécessaires pour payer les biens et services dont ils ont besoin. Le risque est connu: faillites en chaîne de filières économiques, pauvreté. Nous l’avons observé aussi bien en Grèce, qu’en Argentine. 

Nous sommes le pays des coopératives, des communes pragmatiques et des villes innovantes. Il est encore temps de transformer cette crise en opportunité économique et rebondir en renforçant nos petites et moyennes entreprises, nos commerces de proximité, tout ce tissu économique qui fait notre prospérité, notre qualité de vie et la manière unique que nous avons… de savoir vivre ensemble. 
Profitons de cette crise pour renforcer notre économie et faire un grand bond vers une société plus résiliente, plus saine et plus durable. Nous serons prêts quand le prochain virus menacera, car nous aurons tout préparé pour qu’après… nous ne recommencions pas comme avant!

Jean Rossiaud, Dr. en Sciences économiques et sociale, Président de Monnaie Léman & Zep, Auteur de bande dessinée

Pour le COLLECTIF "NE RECOMMENÇONS PAS COMME AVANT"  

Une soixantaine d’entrepreneurs et d’entrepreneuses, ainsi que des personnalités du monde académique, des monde des arts et de la culture, ou des élus de différents partis lancent cet appel (voir la liste)!
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Appel de don

Il est temps de s’engager pour que plus rien ne recommence comme avant!
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